ScentAir, l'identité olfactive

Publié le • Modifié le 2016-12-15 00:13:51 par Yves- éditeur @ sitedesmarques - vu 399 fois.
Pascal Charlier - Dirigeant de ScentAir France


Noël approche, inutile de le rappeler. Les villages et les villes arborent déjà leurs sapins et illuminations. Quant aux magasins, les vitrines sont là pour nous rappeler qu’il faut penser aux cadeaux.
Les enseignes rivalisent d’ingéniosité pour que l’on pense à elles.
Certaines, sans doute plus créatives que d’autres ont choisi une forme de marketing plus sophistiqué. L’ambiance, l’identité olfactive. C’est un domaine subtil. Nous avons demandé au leader mondial de nous parler de son métier.

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Yves Sassi : Vous dirigez en France, la filiale du groupe américain ScentAir. Pouvez-vous nous présenter votre entreprise ?

Pascal Charlier : ScentAir est un groupe américain, créé en 2000 à Charlotte en Caroline du Nord. En 2013, ScentAir a racheté Air Berger, filiale des célèbres Lampes Berger, spécialisée dans l’équipement des professionnels. Air Berger était déjà leader sur son secteur d’activité.
Depuis, ScentAir est présent dans 109 pays, a équipé plus de 100.000 sites dans le monde. En France, il y avait 9 salariés en 2013, nous sommes 26 aujourd’hui.

En quelques mots, ScentAir fabrique et commercialise des diffuseurs de parfums pour des clients qui se répartissent dans plusieurs secteurs d’activité, notamment, l’hôtellerie, les magasins et également, dans les structures de services comme les Casinos, salles de Fitness, parkings ou les maisons de retraite.

Y.S. : Comment définissez-vous votre mission ?


Pascal Charlier  : Nous proposons du marketing olfactif. C’est l’un des éléments du merchandising, qui permet aux points de vente ou à l’établissement (hôtel, bureaux…) d’améliorer l’expérience que le client va vivre. Cette sensation s’ajoute à la musique, à l’éclairage, à l’accueil du personnel. On propose au client une expérience sensitive. lLobjectif est de marquer l’événement dans le ressenti du client qui va ensuite se souvenir de la sensation. Ce sera la Madeleine de Proust. Il retrouvera la chaleur du thé, le coût de la madeleine…
Il s’agit au fond d’optimiser le bien être des personnes. Un peu comme une climatisation. Cela accentue la perception de la qualité d’accueil des clients.
Vous savez, ces petits éléments mis bout à bout créent des réaction sensorielles, des mécanismes cérébraux. C’est important maintenant pour l’image d’une entreprise. On théâtralise l’environnement commercial.

Y.S. : Depuis quand les entreprises utilisent-elles les senteurs dans leur marketing ?

Pascal Charlier
: Ce n’est pas nouveau. Nous proposons nos services depuis la fin des années 90. Nous avons vécu cette merveilleuse époque d’évangélisation. Aujourd’hui, les clients viennent vers nous et ceux qui en ont fait l’expérience y sont fidèles et je crois pouvoir dire même, qu’ils ne peuvent plus s’en passer. C’est une partie de leur identité. De nombreuses marques incluent maintenant cette identité olfactive au moment de la création du point de vente.

Y.S. : Devant certains magasins, on sent nettement l’odeur du café ou de viennoiserie. Vous créez aussi ce type de sensation ?

Pascal Charlier
: Non, pas du tout. On a beaucoup de mal à restituer les senteurs du pain, du café ou du chocolat. C’est très compliqué et ce n’est pas du tout notre job. Cela représenterait une… certaine manipulation qui n’est pas, selon moi en harmonie avec notre métier. En général d'ailleurs, les exemples que vous donnez sont les odeurs naturelles. Les bouches d'extraction de l'air sont redirigées vers le trottoir pour que le passant soit attiré.

Y.S. : Comment se crée une empreinte olfactive ?

Pascal Charlier :
Dans la démarche idéale, nous rencontrons l’entreprise qui nous parle de son histoire, de son identité, de ses clients. nous étudions le service proposé, le produit, écoutons aussi les clients et enfin nos créateurs travaillent sur des propositions. Elles sont testées dans l’entreprise et auprès de clients. Il faut que l’identité olfactive corresponde à ce que l’on propose et que le client comprenne le message. Il faut créer un lien entre l’impression olfactive, le produit et le ressenti du client. Et naturellement respecter l’ambiance du lieu de vente, des meubles. Bref c’est le décryptage des codes de l’enseigne qui vont nous permettre de créer la senteur.

Pour donner un exemple très simple. Chez un vendeur de salon, on peut proposer une senteur qui va faire penser à un feu de cheminée. Ou à un réseau de lunettes noires, des impressions de monoÏ… pour les voyages, une senteur iodée ou la fleur de Tiaré de Tahiti…
Pour résumer… nous créons une senteur dont les notes sont en correspondance olfactive et socio culturelle avec les valeurs de la marque ! Nous créons une identité olfactive, comme se crée une identité visuelle. C'est souvent subtil, précis et parfois même imperceptible, mais le client va s'en souvenir, même inconsciemment.


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